La Meije - Couloir des Corridors (D/500m)  

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La semaine a été un poil difficile donc les projets sont un peu revus à la baisse : une seule sortie ce WE ça ira bien.
Nico est de mariage on partira donc juste Pierrot et moi.
Quelque coups de fil vendredi soir : la météo est annoncée meilleure que prévue, on projette donc d'aller voir cette Biju-Duval en face N de la Meije. Au final en filera aux Corridors.

Pour profiter du samedi, je propose au Pierrot d'aller coincer un peu les piochons dans le rocher au Tilleul mais par Hasard ;-) on se croise le soir (Pierrot, Nico et moi) en train de boire des grandes pintes, le départ est donc un peu repoussé et le dry-tooling annulé.

Après quelques bouchons du aux vacanciers, on arrive à la Grave pour prendre une des dernières bennes.

Dès la sortie du téléphérique, je vois de suite que je ne suis "pas en cannes" mais cette belle face Nord me motive quand même.


Pierrot court déjà devant. On descend le moraine et arrive rapidement au pied des Enfetchores. J'apprends alors qu'on peut les attaquer par la droite (rive gauche) - contrairement à ce qu'indique le Labande.

Les Enfetchores sont une belle montée qui permet de se mettre dans l'ambiance de la face Nord mais j'en ch** bien et le Pierrot est loin devant. Heureusement, grâce à un beau fourvoyage de sa part, j'arrive le premier au bivouac après environ 2h00, pas si mal tout de même.



C'est encore un bivouac grand luxe : super cadre, beau temps, beaux emplacements et de l'eau à proximité... Que demander de plus ???
Ah si :

A toi, Ô montagnard qui t'apprête à ouvrir ce bon vin
Pense qu'après avoir bu cet élixir divin
Ton euphorie te conduira peut-être à, en ces lieux la bouteille briser
Te rabaissant alors au rang de personnage grossier.
Si tel sera ton geste maladroit
Alors par pitié abstiens-toi
Laisse cette bonne bouteille au suivant
Qui la préfèrera à ses débris gisant.

Bon tout ça pour dire "c'est bien triste de voir tout ces débris de verre à l'emplacement même du bivouac". Ya des gens quand même....

Enfin bon malgré tout ça on se fait une petite soupe, un bon tipiak mais le Tom il est pas en grande forme et mange pas des masses. Le vent se lève sacrément et on fini de manger dans le duvet.


La nuit ne sera pas très bonne : gros gros vent. Le réveille sonne à 2h mais impossible de sortir du duvet : trop de vent. On repousse, repousse... ça sent le but démotivation jusqu'à 5h20 tout de même !!! On se bouge sinon c'est le but, déjà que... et on décolle à 6h30. Bravo les montagnard qui attaque à 6h30, pas très carré tout ça.

On se rabat donc sur le couloir des corridors qui permet une sortie plus directe.

L'approche est plus longue que prévue et sur la fin on enfonce jusqu'aux genoux bien dur pour moi qui ne suis toujours pas en grande forme.


Après 2h on arrive à la rimaye. Elle a l'air de bien passer mais pas temps que ça : un petit pont d'un mètre et de 15-20 cm d'épaisseur permet de franchir un grand gouffre surplombant. Faudrait pas la casser.


Finalement ça passe et la longueur qui suit est bien raide, plutôt sympa.




La suite se remonte corde tendu et déjà des gros nuages arrivent à l'horizon. Zut zut mais la météo annonçais globalement beau. Ça devrait être passager. Tu parle, une heure plus tard on est en pleine tempête et ça durera toute la journée.


L'orage s'installe et on ne voit plus rien du tout. A la sortie du couloir, on remonte les pentes de neige en slalomant entre les rochers. Impossible de repérer les échappatoires. Cet orage m'a redonner la pêche : je trace sur plus de la moitié de la face et le Pierrot n'arrive plus à suivre. Le mieux est de monter jusqu'aux arêtes mais ça pète sacrément la-haut. Pas bien bon tout ça.

Le ciel se dégage rapidement et j'aperçois les arêtes. C'est toujours ça de pris.


On les suit en contrebas (un peu plus haut j'entendais les abeilles :-/) et on pose vite le rappel au sommet du Doit de Dieu ; 3h après avoir passé la rimaye - pas mal du tout.

Je descend de quelque mètres et fait venir Pierre pour qu'il soit vite à l'abri, heureusement car peu après la foudre frappe le Doigt de Dieux (j'ai même ressenti du jus dans la corde).

En trois rappels pas facile à "rappeler", on est à la rimaye et une rapide éclaircie nous permet de tirer un cap et de retomber sur la trace qui nous conduira jusqu'au refuge dans une tempête d'une rare violence.


L'arrivée à l'Aigle est une vraie délivrance et c'est dans ces moments là que le terme "refuge" prend tout son sens.
Tout mes muscles jouent les castagnettes et je m'enroule dans une couverture. On mange quelques morceaux et récupère de précieuses indications pour la descente qui se fera sous une pluie battante et incessante. Descente en 2h - on a pas trainé.

Au pont de l'Alpe, on se fait tout de suite prendre par des bourguignons qui nous ramènent à la voiture. Le pied !!! Là, on s'approprie les toilettes du téléphérique : séchage, mangeage, buvage d'une petite bière et retour sur Grenoble.

Encore une belle sortie, un peu galère mais qui laissera un beau paquet de souvenirs.

2 commentaires

Thomas Charbonneau, écrivain montagnard, mélange de Jo Simpson et de Frison-roche avec la dose de débilité nécessaire pour aller se foutre dans un merdier pareil en plein orage!
Reste que le récit est prenant, le pont de 20 cm, le gouffre surplombant, les abeilles et le jus dans la corde, "la paroi déjà verticale, se redressait encore…" :-)) A part ca "on part pour se faire plaisir", un jour faudra m'expliquer!

attention le bouquin papamdoum tom est bientot disponible chez les éditions guerins!!! et lio " un sandwichhhhhhhh , un verre d'eau " c bientot pour toi vu que t'as repris l'entrainement escalade!!!

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